Stratobus : le nouveau dirigeable stratosphérique mi-drone, mi-satellite de Thales

Thales Alenia Space, le géant franco-italien de la conception de satellites, a dévoilé son nouveau projet baptisé « Stratobus ».

Cet impressionnant dirigeable capable de monter à 20 km d’altitude dans la stratosphère grâce à un gaz plus léger que l’air, se situe à la croisée d’un satellite et d’un drone. Stratobus mesurera 70 à 100 mètres de long et jusqu’à 30 mètres de diamètre. Il pourra embarquer 200kg de matériel destiné à l’observation du sol.

Piloté à distance depuis le sol tel un drone, Stratobus pourra répondre à une grande diversité de missions telles que l’observation des frontières, la surveillance des feux de forêts et des risques industriels, la météo, l’analyse de l’érosion des côtes, la surveillance du trafic maritime (dégazages sauvages, actes de piraterie,…), la coordination d’opérations militaires ou encore assurer un relais pour les télécommunications et les GPS dans les zones géographiques mal couvertes…

Stratobus est géostationnaire, c’est à dire qu’il maintiendra une position fixe par rapport au sol. Pour ce faire, les ingénieurs de Thales ont relevé un challenge technologique en mettant au point deux moteurs électriques équipés d’hélices capables de s’ajuster, en temps réel, à la force du vent pouvant aller à 90km/h à 20 000 mètres d’altitude.

Pour être alimenté en énergie en permanence, Stratobus utilisera plusieurs innovations comme un système capable d’amplifier l’énergie solaire grâce aux panneaux solaires embarqués à l’intérieur du ballon et un nouveau dispositif de stockage de l’énergie par une pile à combustible ultra-légère.

Stratobus ouvre aussi la voie d’un marché « low cost » pour les satellites. Selon le magazine Challenges, il en coutera quelques dizaines de millions d’euros pour lancer Startobus quand le lancement d’un satellite avoisine les 250 millions d’euros.

Selon Tahles, Stratobus n’est pas destiné à remplacer les satellites, il vient en complément. Stratobus couvre une zone de 200 km quand un satellite peut couvrir un continent. En revanche, il permet de surveiller cette zone en temps réel alors que les satellites en orbite basse ne la survolent que par intermittence. L’autre avantage est qu’il ne nécessite pas de lanceur pour atteindre son altitude maximale (20 km d’altitude, soit au dessus du trafic aérien).

Il lui faudra en revanche un ciel sans nuage pour pouvoir effectuer des missions d’observation du sol. Par ailleurs, Stratobus aura une durée de vie de 5 ans contre 15 ans pour les satellites traditionnels.

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