Qui contrôle la finance mondiale ?
Vanguard et BlackRock sont les deux plus grands gestionnaires d’actifs au monde, avec respectivement environ 11 billions de dollars et 14 billions de dollars d’actifs sous gestion (AUM) début 2026, soit plus de 25 billions combinés, ce qui représente une part significative des capitaux mondiaux placés en ETF et fonds indiciels.

Importance dans la finance internationale
Ces géants dominent le marché des ETF (échangeables en bourse) et des fonds passifs, investissant massivement dans les indices boursiers comme le S&P 500. Vanguard, structure mutualiste détenue par ses clients, excelle dans les frais ultra-bas et l’indexation pure. BlackRock, coté en bourse, diversifie vers les actifs privés (immobilier, infrastructures) et conseille les banques centrales.
Participation dans les grandes sociétés
En tant que gestionnaires passifs, ils détiennent des parts importantes dans les leaders mondiaux via leurs fonds indiciels :
- Apple : Vanguard ~8-9%, BlackRock ~7%.
- Microsoft : Positions similaires, autour de 7-9% chacun.
- Pfizer : Vanguard ~8%, BlackRock ~7-9%.
Ces parts sont souvent parmi les trois plus grosses dans le S&P 500, mais ils gèrent l’argent de millions d’investisseurs individuels et institutionnels, sans en être propriétaires directs.
Pouvoir d’influence et controverses sur la manipulation
Leur envergure leur donne un poids énorme aux assemblées générales (votes sur les dirigeants, ESG), pouvant orienter les stratégies d’entreprises. Des procès antitrust (Texas v. BlackRock/Vanguard/State Street) les accusent d’avoir coordonné via des initiatives climatiques pour réduire la production de charbon, ce qui pourrait diminuer la concurrence – une théorie litigieuse mais qui illustre les craintes de « cartel financier ».
Aucune preuve formelle de manipulation délibérée des cours n’existe, mais leur taille pose des risques systémiques : une vente massive pourrait ébranler les marchés.
Influence internationale
Vanguard et BlackRock exercent une influence politique mondiale significative, principalement via des canaux indirects comme le lobbying, les partenariats avec des ONG, et leur présence dans des forums comme Davos, plutôt que par un contrôle direct.
Présence au Forum économique mondial (Davos)
Ces sociétés sont des acteurs clés du WEF : BlackRock y est partenaire stratégique, et son PDG Larry Fink (coprésident intérimaire en 2025) y pousse l’agenda ESG (environnemental, social, gouvernance), influençant les débats sur le climat et la finance durable. Vanguard participe moins publiquement mais via ses fonds ESG. Ces forums servent de « chambres d’écho » où ils façonnent les priorités mondiales (transition verte, inégalités).
Lobbying et think tanks
- Lobbying massif : BlackRock dépense des millions en lobbying (28-32 M€/an en Europe via 23 groupes), avec 92+ réunions auprès de la Commission européenne depuis 2019, défendant des régulations « volontaires » sur la finance verte. Ils ont même obtenu des contrats avec l’UE pour conseiller sur les normes climatiques bancaires.
- Think tanks et plateformes : Partenaires de Bruegel, Eurofi, EPFSF, Institute of International Finance (IIF), où ils diffusent leurs idées via événements et rapports. Cela crée une « toile d’influence » auprès des décideurs (Lagarde, Draghi).
Via les ONG et les coalitions
Ils soutiennent ou rejoignent des initiatives comme Climate Action 100+ (réduction des émissions), influençant les votes en AG d’entreprises (ex. : pression sur Exxon, Shell). Des ONG environnementales critiquent pourtant leur soutien fréquent aux directions pétrolières. Leur pouvoir aux AG (grâce à leurs parts massives) leur permet d’orienter les politiques d’entreprise alignées sur des agendas globaux (ESG), qui percolent ensuite vers les gouvernements.
En somme, leur influence repose sur leur poids financier (votes, conseils) et des réseaux élitistes, favorisant des normes mondiales pro-ESG, mais critiquée comme un « soft power » favorisant leurs intérêts commerciaux.
BlackRock et Vanguard exercent une influence sur la presse officielle et les gouvernements via des mécanismes indirects et systémiques, plutôt que par un contrôle direct, grâce à leur statut d’actionnaires majeurs et de lobbyistes puissants.
Influence sur la presse officielle
Leur présence comme actionnaires institutionnels (10-14% dans des géants comme News Corp, Comcast, Disney, Gannett – propriétaire du USA Today) crée une pression économique subtile : priorisation des profits (coupes dans le journalisme d’investigation coûteux, focus sur du contenu rentable), et orientation culturelle via les votes en AG sur la gouvernance. Ils ne dictent pas les titres, mais influencent les éditeurs/propriétaires, favorisant une homogeneisation des priorités corporatives (ex. : ESG, diversité), ce qui peut filtrer les narratifs critiques envers leurs intérêts.
Influence sur les gouvernements élus
- Lobbying intensif : BlackRock emploie d’anciens hauts fonctionnaires et dépense des millions en lobbying (ex. : 18 réunions avec la Maison Blanche/SEC en 2014, influence sur Dodd-Frank). Ils conseillent banques centrales (Fed, BCE) et obtiennent des contrats publics (UE sur la finance verte).
- Dons politiques et PAC : Contributions massives à des campagnes (démocrates et républicains), avec des employés dans l’administration Trump. Ils bloquent en AG les propositions de transparence sur les dons politiques des entreprises.
- Pouvoir de vote : Aux AG, ils orientent les politiques d’entreprises (anti-transparence politique, ESG), ce qui répercute sur les régulations. Des États républicains les attaquent pour « collusion » via ESG (procès Texas).
Cette influence reste légale et « passive », mais soulève des craintes d’oligarchie financière où l’argent des épargnants finance un soft power aligné sur leurs agendas globaux.

