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La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Jeff Rubin : la fin de la croissance. Résumé par Perceval

La Fin de la croissance-relief

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, (et qui rejoint celle de Jancovici N.D.L.R.)

En l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.
Lors du premier choc pétrolier, en 1973, l’OPEP a fermé les vannes et retranché 8 % de l’inventaire mondial d’or noir. L’année suivante, le PIB réel américain a chuté de 2,5 %. En ces temps de morosité économique, alors que les politiques de stimulation de la croissance économique ne fonctionnent pas, soutient Jeff Rubin, selon qui « un baril de pétrole dans les trois chiffres affecte la croissance économique de façon importante ».

On a tendance à sous-estimer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale, plaide l’économiste. « Alors que les pays sont pris à la gorge par de hauts niveaux d’endettement qui leur coûtent très cher », l’augmentation des coûts énergétiques peut avoir des conséquences catastrophiques.

« Un tiers de la consommation de pétrole est consacrée au transport », explique Jeff Rubin. Un baril passant de 20 dollars à 100 dollars est certain d’influencer le prix des marchandises, des transports, d’avoir des impacts sur la balance commerciale des pays et sur la consommation domestique.

Jeff Rubin cite des analyses de l’Agence internationale de l’énergie qui sonnent l’alarme : « les ménages dépensent autant en énergie que lors des chocs pétroliers passés ». Et il n’y a pas de choc pétrolier présentement. Continuer la lecture de La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

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Les structures d’adaptation

georgesUn article de Georges Zouridakis.
Pour nous adapter à des situations difficiles, nous avons tous appris à nous protéger de la souffrance en développant des stratégies de défense. On retrouve cinq grandes catégories, déclinées chacune d’une manière particulière pour chacun mais semblable dans leur forme générale. Nous utilisons tous, toutes les stratégies dans un mélange qui nous est propre. Nous privilégions cependant plus particulièrement une ou plusieurs stratégies en relation aux expériences de vie que nous avons traversées. Ces stratégies de défense sont la réponse donnée dans la confrontation à des expériences ou des situations où nous nous sommes sentis impuissants :

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Devenons-nous de plus en plus bêtes?

par Sibylle Greindl (st.) La libre du 16/02/2013

Néandertal

Un chasseur-cueilleur de l’Afrique préhistorique payait de sa vie (et de celle de sa progéniture) une erreur d’estimation à la chasse au mammouth.
Gerard Crabtree, de l’université de Stanford (États-Unis), parie qu’un citoyen de la Grèce antique qui nous rejoindrait soudainement serait parmi les plus vifs, les plus intelligents et les plus stables émotionnellement d’entre nous. Ce biologiste avance qu’entre 2000 et 5000 gènes déterminent notre degré d’intelligence. Aucun d’entre eux n’est à l’abri d’une mutation génétique. Or, les principes qui guident la sélection et l’évolution de ces gènes ont changé avec le mode de vie des humains… et pas à l’avantage de nos facultés mentales!

Les chasseurs-cueilleurs de l’Afrique préhistorique, nos ancêtres à tous, vivaient en petits groupes isolés, dans un environnement plutôt hostile. Celui qui n’aurait pas été capable de concevoir un épieu aérodynamique, ou un abri protecteur, n’aurait pas survécu. Sa progéniture non plus, sans doute. La sélection des gènes qui façonnent l’intellect aurait donc été particulièrement impitoyable.

De chasseurs-cueilleurs, nos ancêtres sont devenus agriculteurs, à l’abri d’une communauté. Leur survie n’a plus été conditionnée tant à un excellent intellect qu’à un système immunitaire qui résiste aux maladies qui germent dans un groupe. Dans une certaine mesure également, le fait de vivre en société protège les individus contre leurs éventuelles déficiences intellectuelles, et leurs conséquences. La sélection qui s’applique aux gènes de l’intelligence se serait alors faite moins exigeante.

Plus précisément, Gérard Crabtree estime qu’au moins deux des mutations génétiques durant les 120 dernières générations auraient diminué nos capacités intellectuelles et émotionnelles. L’humain deviendrait donc de moins en moins intelligent.

Nos enfants et petits-enfants seront-ils condamnés à visionner des rediffusions sur un téléviseur qu’ils ne seraient plus à même de concevoir? Tout de même pas: ce déclin se fait très lentement. Entre-temps, l’éducation fait circuler les connaissances accumulées par notre société, rassure le biologiste.

Tout le monde n’adhère pas à la théorie iconoclaste de Gerard Crabtree. Un généticien londonien, par exemple, lui réclame des données chiffrées pour étayer ses dires. Aussi, les facultés intellectuelles et émotionnelles sont-elles principalement déterminées à la naissance? Ne peuvent-elles pas également s’acquérir tout au long de la vie?

Enfin, on peut argumenter que l’intelligence s’adapte aux sollicitations qu’elle reçoit: un chasseur-cueilleur nous bat sans doute tous à la chasse à l’épieu; par contre, sans doute se sentirait-il un peu démuni devant un clavier d’ordinateur.